Comment remédier à la sensation constante de faim ? Nos solutions

Remédier à la sensation constante de faim ? Nos solutions

Avoir faim est une chose bonne et tout à fait naturelle. Avoir faim à intervalles réguliers au cours de la journée est un signe de bon fonctionnement du métabolisme. Mais avoir faim tout le temps, même après un repas, indique que quelque chose ne va pas dans votre alimentation et/ou du point de vue de votre bien-être psychosocial. Et cela peut être particulièrement gênant ! Nous analysons dans cet article les symptômes, les causes et les solutions à ce problème de faim constante.

Avoir faim c’est bien

Dans un monde qui prône en permanence la minceur, une alimentation “saine” et la pratique du sport, il est facile de croire – si l’on se base sur les critères des réseaux sociaux – que manger plus de trois repas et une collation occasionnelle correspondrait à une forme de suralimentation voire même de boulimie. Les influenceur·euse·s inondent les réseaux de posts sur “ce qu’ils mangent en une journée”, et se permettent des comparaisons hasardeuses entre les aliments et les apports caloriques. Les médias nous parlent sans cesse de “bons” et de “mauvais” aliments, créant ainsi une injonction morale et un sentiment de culpabilité quant à nos choix alimentaires.

Votre corps a besoin de nourriture, les aliments nous apportent de l’énergie, et ce que les autres mangent ne doit pas dicter ce que vous mangez !

Attention au réseaux sociaux

Il faut être plus intelligent que les réseaux sociaux en ce qui concerne la faim. Nous devons apprendre à écouter les signaux de notre corps et à faire des choix éclairés et satisfaisants en matière d’alimentation.

 partager une pizza quand on a faim

En finir avec les idées reçues sur l’alimentation

Avant de vous aider à faire face à votre sensation constante de faim, nous devons d’abord en finir avec certaines idées reçues sur la nourriture :

  • La boulimie c’est manger beaucoup de nourriture en peu de temps jusqu’à ce que vous ayez dépassé le seuil de satiété. Consommer plus que ce que vous pensez être physiquement nécessaire, manger occasionnellement au-delà de la satiété et manger plus que d’habitude ne sont PAS des crises de boulimie.
  • Trop manger, de façon occasionnelle, est normal, et peut arriver lors d’occasions spéciales. Parfois, nous devons manger lorsque nous n’avons pas faim pour des raisons pratiques, par exemple parce que nous savons que nous n’aurons pas la possibilité de manger plus tard dans la journée.
  • Manger plus qu’une portion standard d’un aliment ou d’un plat n’est ni mauvais, ni honteux, surtout si vous sentez que vous en avez besoin.
  • Il n’existe pas de “bons” ou de “mauvais” aliments. Tous les aliments ont une composition nutritionnelle particulière et peuvent nous apporter de la satisfaction et du bien-être.
  • Manger n’est pas une question morale, mais bien un besoin physique.
  • Vouloir faire preuve d’une grande volonté en matière de prise alimentaire est illusoire. On n’est pas plus fort·e parce que l’on mange avec une certaine rigidité psychologique. Peut-être ignorez-vous les signaux de faim.
  • Nous avons tous des gènes, un niveau de forme physique, un corps, des perceptions et des désirs différents. Il n’y a aucune raison scientifique qui vous imposerait de manger exactement la même quantité ou la même chose qu’une autre personne.
  • Notre corps et notre esprit changent toutes les heures, tous les jours, tous les mois, tout le temps en fait. Notre alimentation devrait également s’adapter à nos besoins.

Maintenant que nous vous avons un peu déconstruit certaines idées reçues sur la faim, découvrons les mécanismes de la faim.

Les mécanismes neurobiologiques de la faim

La ghréline est l’hormone de la faim. Elle signale que le corps a besoin de se nourrir.(1) La nutrition est l’ensemble des actions et processus par lesquels un être vivant récupère et transforme des substances pour assurer son fonctionnement. L’alimentation nous apporte les éléments (trois macronutriments et divers micronutriments) dont le corps a impérativement besoin. Lorsque l’organisme reçoit suffisamment de nutriments, il libère de la leptine, l’hormone de la satiété. La ghréline et la leptine existent toutes deux dans l’organisme pendant les repas et les périodes où l’on ne mange pas. Les personnes qui mangent de façon régulière et en quantité suffisante verront leurs taux de ghréline et de leptine fluctuer harmonieusement. Elles sentiront cette alternance régulière entre la faim et la satiété.

Les différents symptômes de la faim

La faim que nous connaissons n’est sans doute pas la même que celle de nos ancêtres vêtus de peaux de bêtes et qui chassaient les animaux avec des bâtons et de pics. Il existe plusieurs façons complexes de ressentir la faim. Elles peuvent toutes contribuer à ce que vous ayez constamment faim.

  • Aspect neurobiologique : ce sont les signaux physiques et psychiques que nous reconnaissons généralement comme une sensation de faim. Par exemple, l’estomac qui gargouille, une sensation de vide dans l’estomac, des maux de tête, une sorte de brouillard mental, des tremblements, de la fatigue, etc.
  • Aspect psycho-social : c’est l’association répétée d’activités et de moments spécifiques de la journée lors desquels nous mangeons. Par exemple, l’habitude de manger tous les jours à 19 heures, de manger du pop-corn au cinéma ou de manger de la tarte aux pommes en automne.
  • La fringale : c’est l’envie de grignoter, de “mâcher” quelque chose. Cette sensation peut se traduire par des envies soudaines d’aliments, comme les chips pour le croquant, ou bien de la glace pour le froid et le côté onctueux. Elle peut également se traduire par l’envie de mâchouiller. C’est un besoin qui semble être propre aux humains. Dans la plupart des cultures on retrouve la mastication de la canne à sucre, du chewing-gum, des feuilles de bétel, etc.

Apprendre à écouter le type de faim que vous ressentez est la première étape pour prendre des décisions éclairées en matière d’alimentation. Il n’y a pas de mal à manger quand on n’a pas faim (raisons sociales, physiques, etc.), mais il faut savoir pourquoi on le fait et se donner la possibilité de choisir une autre “occupation”.

Avoir faim tout le temps : 13 causes et solutions

Vous comprenez maintenant ce qu’est la faim et comment vous la percevez. Si vous ressentez une faim permanente, voici 13 raisons qui peuvent expliquer cet état, et aussi nos 13 solutions.

1. Buvez de l’eau

Cause : l’hypothalamus (partie du diencéphale et centre de contrôle le plus important du système nerveux autonome) régule à la fois la faim et la soif.  De nombreuses personnes pensent que l’on peut confondre la soif et la faim parce que toutes deux sont contrôlées par l’hypothalamus. Cette hypothèse n’est pas prouvée scientifiquement. Les études – sur les animaux ou les humains – n’ont pas conclu à l’existence d’un tel phénomène.(2) En fait, avoir soif peut donner moins envie de manger certains aliments, comme les aliments secs par exemple.

Mais le fait d’avoir soif affecte les performances cognitives et physiques, vous amenant à avoir envie de manger pour compenser la fatigue.

 un verre d'eau faim digestion

Solution : buvez suffisamment d’eau pendant la journée. Boire un verre d’eau avant un repas ou boire de l’eau pour essayer de ne pas grignoter vous donnera probablement encore plus faim. Pour ne pas confondre les signaux de la faim et de la soif, restez hydraté·e.

Consommez des en-cas et des repas à forte teneur en eau, comme des fruits et des légumes mélangés à des protéines et des céréales. Par exemple, ce pudding à la mangue, à la noix de coco et aux graines de chia est délicieux et hydratant.

2. La tentation des réseaux sociaux

Cause : d’Instagram à Kitchen Confidential, notre société est totalement obsédée par la nourriture : depuis sa production, sa consommation et sans parler de sa représentation (photos, vidéos). Cela pourrait être amusant, jusqu’à ce que votre envie pour des brownies hypers appétissants ou des spareribs grillés devienne incontrôlable à chaque fois que vous consultez votre smartphone. Le “food porn” est une réalité, notamment chez les jeunes générations. Des études montrent que la simple vue d’un aliment peut provoquer une envie irrépressible de manger.(3, 4)

De plus, la plupart d’entre nous errent sur les réseaux sociaux alors que nous nous ennuyons, que nous sommes fatigué·e·s ou que nous recherchons une distraction, un échappatoire à une forme de vide ou “d’absence”. Qu’est-ce qui pourrait répondre à ces besoins émotionnels ? Manger, évidemment ! Les images de nourriture sur les réseaux sociaux ou à la télévision nous attirent d’autant plus si nous sommes à la recherche d’un apaisement émotionnel.

Solution : commencez par éviter les réseaux sociaux lorsque vous êtes fragilisé·e sur le plan émotionnel. Si vous voyez des images de nourriture, autorisez-vous à les apprécier pour leur côté distrayant ou esthétique. Cependant apprenez à reconnaître que cette faim est plus “mentale” (produite par votre cerveau) que biologique. Et si vous décidez de grignoter, faites-le avec discernement et sans culpabilité. Posez-vous la question : cela satisfait-il ou non votre désir ? Notez ces observations comme référence pour les cas où vous seriez de nouveau tenté·e par le “food porn”.

L’obsession alimentaire : un symptôme ?

Il est naturel pour l’être humain d’apprécier de belles images de nourriture. Mais l’impossibilité de détourner le regard ou la recherche répétée de telles photos peut être un signe d’obsession alimentaire. Une telle préoccupation pour la nourriture pourrait exprimer un apport alimentaire insuffisant, une nourriture inadaptée ou bien un trouble du comportement alimentaire.

3. Vous mangez de façon irrégulière

Cause : il est naturel de varier son apport calorique quotidien. La croyance selon laquelle il fallait consommer une certaine quantité de calories ou de macronutriments chaque jour est remplacée aujourd’hui par des objectifs d’apport alimentaire hebdomadaire et mensuel (surtout pour les femmes). Cependant, des habitudes alimentaires irrégulières peuvent modifier la sensibilité de l’estomac aux aliments. Si nous faisons plusieurs gros repas d’affilée, notre estomac peut s’habituer à une sensation de satiété différente. En revanche, si nous ne mangeons que de petits repas, notre estomac peut nous dire qu’il est plein avant que nous n’ayons consommé suffisamment de nourriture.

Solution : avant de créer un plan alimentaire trop strict, essayez l’alimentation intuitive. Apprenez à écouter les signaux naturels de faim et de satiété envoyés par votre corps lorsque vous pratiquez l’alimentation intuitive. Les personnes qui mangent intuitivement sont moins susceptibles de trop manger ou de ne pas manger à leur faim.

Si vous faites un gros repas un jour, essayez de ne pas restreindre les calories le jour suivant. Cela ne ferait qu’accroître la confusion dans votre système digestif. Vous aurez peut-être moins faim, ce qui est raisonnable, mais ne sautez pas de repas en essayant de compenser la journée précédente.

Si vous n’êtes pas sûr·e de ce que vous consommez, vous pouvez utiliser un journal alimentaire ou une application pour suivre votre consommation sur une journée, une semaine ou un mois. Le suivi de votre consommation vous aide à prendre conscience de ce que vous mangez, mais ne doit pas vous inciter à adopter des comportements alimentaires restrictifs ou contrôlants. Vérifiez si vous mangez suffisamment tout au long de la journée, si vous consommez suffisamment de macro et de micronutriments, et quand vous avez tendance à grignoter. Toutes ces informations vous servent de points de repère pour vos choix alimentaires futurs

Repas et collations

Trois repas principaux et éventuellement une ou deux collations par jour sont le meilleur moyen de contrôler votre faim.

4. Vous ne dormez pas assez

Le manque de sommeil peut avoir une grande influence sur la sensation de faim, mais aussi sur nos envies d’aliments gras et sucrés. Cela va aussi diminuer la sécrétion de leptine qui indique à notre cerveau que notre estomac est plein, et augmenter la production de ghréline, qui elle, stimule la sensation de faim. C’est la raison pour laquelle le manque de sommeil est souvent associé avec la prise de poids. Les personnes qui dorment mal ont également des difficultés à surveiller leur consommation et à contrôler leurs pulsions alimentaires.(5) En particulier lors d’une période de stress intense. Le manque de sommeil associé à un stress élevé aboutissent souvent à un comportement alimentaire de type boulimique.(6) Les médecins recommandent de dormir sept à huit heures par nuit. Testez notre calculateur de cycles de sommeil afin de mieux comprendre vos habitudes.

 dormir assez faim

5. La phase lutéale

Cause : contrairement aux hommes, le corps des femmes fonctionne sur un cycle de 28 jours. Les hommes ont donc intérêt à manger une quantité constante de nourriture chaque jour. En revanche, les femmes devraient manger plus ou moins de nourriture en fonction de leur cycle menstruel.

La phase lutéale se produit environ une semaine avant les menstruations. Le corps de la femme fonctionne à plein régime, son métabolisme de base est donc plus élevé et elle a besoin de plus de nourriture pour garder toute son énergie.(7)

Solution : apprenez à connaître votre cycle et alimentez-vous en conséquence ! Consommez beaucoup d’aliments riches en nutriments pendant cette phase (voici quelques idées d’ingrédients). Satisfaire une fringale avec un aliment moins nutritif vous aidera également à ne pas piller le frigo. Si vous avez envie de chocolat, mangez-en ! Votre corps sait ce qui est le mieux pour lui.

6. Y a t-il de “bons” aliments ?

Cause : il n’existe pas d’aliments “bons” ou “sains”. Certains aliments sont plus transformés que d’autres, mais ils ne sont pas toujours plus sains. Par exemple, certaines céréales non transformées peuvent contenir un anti-nutriment qui empêche l’assimilation de certaines vitamines. Qu’est-ce qu’une alimentation “saine”, d’ailleurs ? Par exemple, la plupart des partisans d’une alimentation saine n’hésitent pas à rajouter des protéines en poudre à leurs aliments “sains”. Pourtant, les protéines en poudre sont hautement transformées via l’adjonction de produits chimiques.

Les aliments “bons” ou “sains” ne rassasient pas toujours suffisamment. Les analystes du comportement classent les aliments courants selon un indice de satiété en deux catégories : les aliments “bons” et “mauvais” pour la santé. Mais la plupart des gens ont également leur propre indice interne de satiété. Par exemple, vous préférez les patates douces aux pommes de terre. C’est sans doute parce que les patates douces vous rassasient davantage. Des études montrent que lorsque les gens mangent les aliments qui leur conviennent mieux, ils mangent généralement moins.(8)

 un bol de céréales pour ne pas avoir faim

Solution : écoutez votre faim ! Si vous essayez de ne pas manger de céréales “mauvaise pour votre santé ” avec du lait, vous pourriez manger une pomme… et une barre de céréales… et aussi des carottes avec du houmous… et puis une autre pomme. Si vous aviez mangé le bol de céréales dès le début, vous auriez probablement consommé moins de calories. Et vous n’auriez pas eu faim tout le temps. Manger ce que vous voulez ne veut PAS forcément dire céder à toutes vos envies. Mangez ce qui convient à votre corps mais aussi à votre esprit !

7. Vous prenez des médicaments

Cause : certains médicaments, comme les antidépresseurs, peuvent stimuler l’appétit et la faim. Interrogez votre médecin ou votre psychiatre au sujet des effets secondaires des médicaments, et aussi sur possibilité d’adapter votre traitement.

Solution : mangez plus de protéines et plus d’aliments à haute teneur en nutriments et à faible densité (comme les fruits et les légumes). De nombreuses études montrent qu’une plus grande quantité de protéines améliore votre taux de masse grasse. Grignoter des fruits et des légumes tout au long de la journée peut aider à dompter vos fringales. Et l’exercice physique aidera votre corps à transformer les calories excédentaires en muscles.

Vous prenez des médicaments pour une bonne raison, et ce n’est pas grave si votre régime alimentaire doit être modifié ou adapté. La santé n’a pas de prix ! Alors pour rester en forme, modifiez votre mode de vie. Vous êtes sur la bonne voie !

8. Vous ne mangez pas assez de protéines

Cause : si la plupart des gens consomment des protéines à midi ou le soir, ils en absorbent rarement lors de leurs collations et/ou du petit déjeuner. Des études montrent qu’une consommation accrue de protéines entraîne une augmentation du sentiment de satiété et une réduction du nombre total de calories absorbées.(9, 10) Les scientifiques étudient actuellement la théorie de l’effet de levier protéique. D’après cette hypothèse, notre corps ne produirait pas la leptine tant que nous ne mangeons pas suffisamment de protéines.(11) Si cette théorie est correcte, on ne pourrait être rassasié·e qu’après avoir consommé assez de protéines !

 protéines animales poulet contre la faim constante

Solution : tout d’abord, déterminez votre apport en protéines, glucides et graisses La règle générale pour les macronutriments est de 30 % de protéines, 30 % de graisses et 40 % de glucides. Essayez de consommer 20 à 30 grammes de protéines par repas et 15 grammes pour les collations.

Point de référence

Un blanc de poulet standard grillé contient 20 à 30 grammes de protéines.

Mais, si vous avez une sensation constante de faim, si vous faites beaucoup d’exercice, si vous essayez de développer votre masse musculaire ou si vous êtes en sous-poids, alors vous pouvez faire en sorte que 40 % de votre apport quotidien soit constitué de protéines. Faites preuve de créativité pour vos repas et collations. Il n’y a pas que les protéines animales : pensez aussi à consommer des protéines d’origine végétale.

9. Vous ne mangez pas assez de fibres

Cause : les fibres rassasient énormément. Elles ont un impact important sur la santé gastro-intestinale et métabolique.(12) Les fibres (et les protéines) demandent un certain effort de digestion, ce qui signifie que vous brûlez quelques calories supplémentaires pendant la digestion. Comme les aliments riches en fibres restent plus longtemps dans votre système digestif, vous vous sentirez rassasié·e plus longtemps.(13) De nouvelles recherches analysent également le rôle des “bonnes” bactéries présentes naturellement dans les céréales complètes. Notre ventre et notre cerveau interagissent en permanence, d’où l’importance d’avoir un bon microbiote.(14) Les fringales étant souvent liées à une instabilité émotionnelle, les fibres pourraient constituer une double protection contre le sentiment de faim constante !

Solution : remplacez certaines de vos céréales habituelles par des produits plus riches en fibres. Voici quelques suggestions :

  • Du sarrasin, du boulgour ou du quinoa à la place du riz blanc
  • Du pain aux noix ou à l’avoine à la place du pain blanc
  • En accompagnement, des haricots secs au lieu d’un petit pain
  • Ajoutez des fruits et des noix à vos céréales du matin
  • Saupoudrez vos plats et desserts des graines (sésame, lin, chia)
  • Mangez les légumes avec la peau (concombre, courgette, etc.)

Pour plus d’informations et de recettes riches en fibres, consultez cet article.

10. Vous supprimez certaines catégories d’aliments

Cause : des études montrent que les personnes qui suppriment certaines catégories d’aliments, comme le pain ou les produits contenant du gluten, ont moins de chances de conserver des habitudes alimentaires saines.(15) Lorsque les gens considèrent les aliments comme “mauvais” ou “bons”, ils ont tendance à perdre le contrôle de leurs décisions alimentaires. Ce type de croyances concernant la nourriture et l’alimentation sont souvent liées à des restrictions alimentaires strictes, et qui empêcheront une personne de maintenir un poids et une consommation alimentaire stable à long terme.(16)

 Ne supprimez pas le gluten

Solution : prenez le temps d’examiner vos habitudes en matière de nourriture et d’alimentation. Croyez-vous que vous devez éviter certains aliments, même si votre corps et votre esprit les réclament ? Cela n’affecte-t-il pas votre capacité à dire non lorsque vous êtes victime de fringales ? Plutôt que de supprimer certaines catégories d’aliments, essayez de les intégrer à vos repas. Vous constaterez peut-être que vous mangez globalement moins lorsque vous consommez des produits que votre cœur, vos “tripes” et votre esprit réclament.

11. Vous mangez sous le coup de l’émotion

Cause : l’expression nourriture de réconfort (comfort food en anglais) parle d’elle-même. En effet, les humains sont programmés pour désirer des aliments savoureux et qui rassasient. Mais il n’est pas toujours facile de distinguer les signaux émotionnels qui incitent à manger, des signaux physiques, surtout en période de stress, d’ennui ou de fatigue. Il est souvent plus facile de “manger” littéralement nos problèmes – c’est à dire de manger pour les oublier -, plutôt que de réfléchir aux problèmes eux-même. D’autant plus que beaucoup de ces pulsions émotionnelles sont inconscientes. 

Selon les thérapeutes, les humains ont des émotions primaires et secondaires. Les émotions primaires sont la colère, la peur, la tristesse, le dégoût, la surprise, l’anticipation, la confiance et la joie. Elles représentent ce que nous ressentons face à un incident extérieur. Les émotions secondaires sont des sentiments sur des sentiments. Les émotions secondaires peuvent nous aider à faire face à l’émotion primaire en nous distrayant, en nous faisant agir ou en changeant notre perspective.

Par exemple, êtes triste d’avoir perdu un être cher. Au lieu de faire face directement à ce sentiment, vous utilisez la nourriture ou la faim comme moyen de médiation. Vous préférez sentir la nourriture plutôt que de ressentir l’émotion initiale, et l’acte de manger nous donne un sentiment de contrôle et d’action.

Solution : analysez vos signaux de faim pour déterminer s’ils sont d’ordre neurobiologique, social ou autre. Si vous n’avez pas de sensations physiques de faim, que vous n’êtes pas avec des amis en train de prendre un repas, et que même mâchouiller un cure-dent ne vous apaise pas, alors votre faim est peut-être dictée par des émotions. Si c’est le cas, confrontez-vous avec ces émotions avant d’aller vider le réfrigérateur. Vous pouvez également utiliser un journal pour noter vos pensées. Posez-vous des questions : comment je me sens en ce moment ? D’où vient ce sentiment ? Est-ce que manger va m’aider ? Qu’est-ce qui pourrait aussi m’aider ?

C’est peut-être le moment d’apprendre à faire face à vos émotions d’une façon nouvelle. Les techniques à mettre en place seront directement liées à votre émotion initiale. Si l’émotion est la peur, vous pouvez vous enrouler dans une couverture et regarder un film qui vous fait du bien. Si c’est de la colère, vous pourriez avoir besoin d’une séance intense de HIIT. Si c’est de la joie, vous pouvez appeler votre grand-mère et partager avec elle la cause de cette bonne nouvelle. Une simple promenade avec un·e ami·e peut vous aider à surmonter un sentiment de tristesse. Vous seul·e savez ce qui vous apaise. Cela peut être le fait de manger, mais il y a aussi d’autres solutions. Accordez-vous un peu de temps pour explorer cela !

12. Mangez consciemment

Cause : quelqu’un qui mange consciemment se concentre et participe totalement dans le fait de goûter, mâcher et d’ingérer les aliments. L’inverse est de manger sans y penser, de manière distraite ou rapide. Le corps met en général 20 minutes à reconnaître le glucose dans les aliments. Lorsque le glucose est reconnu, la leptine est libérée et vous commencez à vous sentir rassasié·e. Regarder la télévision, manger en conduisant ou faire autre chose en mangeant peut vous distraire de la sensation physique de satiété.

Solution : soyez totalement présent·e dans vos repas ! La recommandation numéro un est de manger sans vous laisser distraire. Cependant, la plupart d’entre nous aiment justement se distraire pendant leurs repas, par exemple en discutant avec leur partenaire ou en se tenant au courant des dernières nouvelles. Voici quelques piste que vous pourriez explorer pour manger plus consciemment :

  • Posez vos couverts de temps en temps pour faire une petite pause et vous laisser digérer
  • Commentez ou reconnaissez le goût, l’odeur et la texture des aliments.
  • Coupez les publicités ou faites une pause entre deux vidéos pour vérifier si vous êtes rassasié·e.
  • Limitez-vous à un certain nombre de distractions. Par exemple, ne passez que 10 minutes sur les réseaux sociaux, ne regardez qu’une seule vidéo YouTube ou ne lisez que les gros titres de votre journal.

13. Vous souffrez peut-être d’une faim intense

Cause : des mois et des années d’alimentation inadéquate peuvent conduire à un diagnostic clinique de faim extrême. Elle survient le plus souvent après un régime ou une sous-alimentation, mais peut également être causée par une malnutrition à long terme (comme un végétarisme mal maîtrisé). Lorsqu’il est sous-alimenté, l’organisme produit davantage de ghréline. Comme ce besoin continue d’être refusé ou insatisfait, il y a moins de leptine libérée.(17)

Le corps finira par s’adapter sur le plan métabolique. Pour économiser de l’énergie, il cessera de produire de la ghréline et d’envoyer des signaux de faim à forte intensité énergétique, comme un estomac qui gargouille. L’organisme s’habitue à fonctionner avec moins de calories, mais au détriment de sa vitalité. Les cellules du cerveau et les muscles perdent leur énergie. La tristement célèbre étude du Minnesota sur la semi-nutrition montre que les personnes sous-alimentées deviennent obsédées par la nourriture, moins cohérentes et physiquement incapables.(18)

Malheureusement, l’adaptation métabolique prend du temps à s’inverser. Dans un premier temps, lorsque l’on consomme à nouveau suffisamment de calories, le corps stocke tout sous forme de graisse car il pense être en situation de privation.(19)

Solution : si vous pensez que vous souffrez d’une faim extrême, il est essentiel de consulter un médecin ou un diététicien qui vous aidera à récupérer votre métabolisme. Il est essentiel d’écouter les signaux alimentaires que votre corps vous envoie. Au début, vous mangerez fréquemment, contrairement à ce que vous faisiez par le passé. Finalement, le corps atteindra son nouveau poids de forme, cessera de stocker les calories, retrouvera ses signaux de faim et transformera la graisse en muscles.

Conclusion

Avoir faim tout le temps ne veut pas dire que votre corps a un problème. C’est un signe que votre esprit et/ou votre corps sont insatisfaits et en demande. Il se peut que vous ne consommiez pas assez de nourriture ou de nutriments. Il se peut aussi que vous ne dormiez pas assez, que vous ne vous reposiez pas assez ou que vous ne vous libériez pas assez de vos émotions. Lorsque vous refusez d’écouter votre envie de manger, vous refusez d’entendre quelque chose en vous qui réclame de l’attention. Cet appel sera de plus en plus pressant jusqu’à ce qu’il soit satisfait. Et s’il n’est jamais satisfait, votre corps va réguler tout son fonctionnement à la baisse : la faim, les hormones, le métabolisme, etc.

Avoir constamment faim et grignoter n’est pas la même chose que de trop manger et se gaver. Ne craignez pas d’être sur une pente glissante si vous avez encore faim après avoir mangé, et que vous mangez de nouveau. Vous avez peut-être littéralement besoin de goûter (de réfléchir) à vos émotions. Un schéma mental trop strict conduit souvent à des comportements alimentaires compulsifs.

Essayez de modifier votre régime alimentaire pour obtenir une alimentation plus régulière et plus complète tout au long de la journée, lors de vos repas et collations. Mangez des portions équilibrées contenant des protéines, des fibres et des graisses. Prenez soin de votre santé mentale comme vous le faites pour votre alimentation. Soyez curieux·euse, indulgent·e et attentif·ve à vos envies de nourriture. Écoutez-vous, ce qui est l’inverse de la culture du régime !

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Emily Stewart Emily a suivi son premier cours d'aérobic à l'âge de 15 ans et n'a jamais cessé depuis. En 2011, elle a commencé sa carrière en tant que monitrice de camp d'entraînement et enseigne aujourd'hui diverses disciplines de fitness. Lorsqu'elle n'enseigne pas en ligne ou en personne, elle aime écrire sur les thèmes du sport et de l'exercice. Consultez tous les articles de Emily Stewart »